30 novembre 2009
Construire le questionnaire (1) : processus d'élaboration
Suite aux dernières étapes passées en revue dans ce blog, vous avez maintenant les principaux outils pour constituer votre échantillon. Il convient maintenant d'interroger cet échantillon via un questionnaire.
L'étape de la construction du questionnaire est fondamentale dans l'étude. Sans un bon questionnaire, impossible de répondre à la problématique posée... et les nuances dans les questions et dans le questionnaires sont nombreuses, la construction du questionnaire va donc solliciter notre intérêt pendant plusieurs notes.
Ici, je vous renvoie vers MARKET. Dans ce livre les étapes de construction d'un questionnaire sont très bien listées ; voici un shéma synthétique reprenant celles-ci :

La première étape semble assez simple, c'est celle qui amène à faire l'étude. Toutefois, on comprend rapidement, quand on regarde la deuxième étape que ce n'est pas si simple. En effet, traduire la problématique en besoins en information permet de limiter les contours des celle-ci, ce qui est déjà très complexe. En effet, que celui qui n'a jamais eu du mal à limiter son client sur les informations à collecter avec le questionnaire me jette la première pierre !
Il convient alors, dans ces deux premières étapes de se concentrer sur les besoins en information relatif à l'étude... et non de laisser libre champs à toutes les questions, le client "profitant" de l'étude pour interroger sur tout et n'importe quoi. Cela peut être facilité si le problème a bien été posé dès le début (dans la proposition commerciale, l'institut intègre souvent une partie "problématique") et les hypothèses de recherche définies (encore une fois, je vous renvoie vers Market, très complet sur le sujet).
Une fois les besoins en information bien définis et limités, ceux-ci doivent être traduit en questions. Nous le verrons dans les prochaines notes sur le questionnaire, un vaste travail attend ici l'institut. Il s'agit de trouver les questions idéales pour mesurer un phénomène, alors que les possibilités sont nombreuses et les biais possibles encore plus importants. Ici, tout compte : la question, son type, sa nature, ses modalités de réponses, sa capacité à mesurer un phénomène et l'ordre qu'elle a dans le questionnaire (d'ou un traitement en plusieurs notes).
Nous avons déjà vu les questions d'échantillonnage et de mode d'interview, je vous renvoie ici.
Enfin, une fois élaboré, le questionnaire n'est théoriquement pas terminé. L'étape du prétest n'est pas courante en institut mais plus en recherche. En général, ce prétest se fait sur une trentaine de personnes ; celui-ci permet de valider le premier jet ou d'y porter des modifications avant validation avec le client.
Comme je vous le disais, nous nous attarderons sur plusieurs de ces étapes et sous-étapes dans les prochaines notes, notamment sur la dynamique du questionnaire, les types et natures des questions, et les biais.
08:22 Ecrit par Grégoire Hervé-Bazin dans Méthodologie quanti | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : questionnaire, construire un questionnaire, méthodologies quantitatives |
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16 novembre 2009
Revue de Web (4) : l'origine des mèmes, le timecloud, la Vérité en graphique, et l'histoire du quali
Focus sur quelques articles intéressants que j'ai pu trouver sur le Web ces derniers temps :
A l'origine des mèmes
Vu sur le blog Homosemiotikus, un excellent article qui nous rappèle l'origine du concept de mème très en vogue en ce moment. L'auteur revient ainsi sur la publication de Richard Dawkins (qui a défini les mèmes) pour nous en fournir les extraits les plus parlants.
Ainsi, pour ceux qui ne savent pas exactement ce que sont les mêmes : "Les mèmes sont, comme les gènes, une forme de réplicateurs : conçus par analogie, ils sont au domaine de la culture ce que les gènes sont au domaine de la nature."
Un juste retour aux choses (l'article est bien plus détaillé) alors que ce terme est de plus en plus utilisé et parfois, un peu à côté de la plaque...
Lire l'article d'origine (foncez-y !).
Le Timecloud
Vous connaissez les nuages de mots (sinon je vous renvoie ici), mais connaissez-vous le Timecloud ?
C'est en fait un nouvel outil créé par l'excellent institut Linkfluence qui consiste simplement (enfin il fallait y penser et le réaliser) à faire un nuage de mot évolutif... Je cite le blog de Linkfluence : "On ne va pas dire que ce fut simple mais un des noeuds du problème s’est en partie résolu lorsque nous avons décidé que ce nuage fonctionnerait selon deux régimes, un évolutif dans lequel chaque mot possèderait une place et une seule et permettant ainsi de suivre son évolution au cours du temps et un second stabilisé permettant de réaliser un focus sur une période de temps sélectionnée."
Très concrètement, voici quelques capture d'écran (en attendant les versions "embed") pour comprendre le rendu :

Evocations spécifiquement associées à N. Sarkozy du 15/09 au 18/10

Evocations spécifiquement associées à F. Fillon du 15/08 au 18/10
Ces timeclouds permettent ainsi de voir les thèmes majeurs liés aux deux hommes politiques dans les périodes données. On constate immédiatement une certaine différence entre les deux timeclouds, avec un nuage "Sarkozy" tourné sur Clearstream, la polémique Jean Sarkozy ou sa prise de parole dans le nouvel obs, alors que le nuage "Fillon" est plus tourné sur la taxe carbone ou sur la crise...
Voici une dernière impression d'écran pour vous montrer une autre possibilité avec ces timecloud :

Evocations spécifiquement associées à N. Sarkozy du 11/10 au 18/10
C'est à nouveau le timecloud "Sarkozy" que je vous montre ici. En bougeant la timeline sur une période de 8 jours, les tailles des mots ont changé pour rendre compte de leur importance sur la période donnée. De plus, j'ai selectionné un mot et on peut voir sa courbe sur toute la période... Sachez que vous pouvez sélectionner plusieurs mots pour étudier leurs évolutions.
Je vous invite à aller voir le blog de Linkfluence pour "jouer" avec ces nuages de mots évolutifs pour mieux comprendre (et voir) l'évolution des thèmes dans le temps (il suffit de bouger la ligne temporelle).
La Vérité en graphique
Et oui, c'est la Vérité avec un grand V (même si elle fait mal) que l'agence DPZ Brazil vous propse de redécouvrir sous forme de graphiques.



Un projet intéressant ! Via Fubiz.
L'histoire du quali
Enfin, pour conclure cette revue de web très "études", je vous incite, si le quali vous intéresse, à aller faire un tour sur ce lien. Le blog de l'institut cccmquali a ainsi, en quelques notes retracé un historique des enquêtes quali (à lire du bas de page en remontant).
Des missi dominici de Charlemagne à la décennie 2000-2009, un ensemble d'articles très intéressants !
08:45 Ecrit par Grégoire Hervé-Bazin dans Analyses, Marketing online, Méthodologie quali, Représentations visuelles, design & inspirations, Revues de Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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09 novembre 2009
Nouvelle compétence : Mise en forme graphique de données
Ce n'est pas une nouveauté, je suis un fervent défenseur de la mise en forme graphique dans les études. D'après moi, un résultat sera mieux compris et surtout mieux communiqué s'il est bien présenté.
J'ai donc développé une nouvelle compétence au cours de l'année passée : la mise en forme graphique de données et cela sous Illutrator et sous PowerPoint).
Afin de vous montrer un peu ce que ça donne, j'ai réalisé une mise en forme de données sur le chocolat (pour donner suite à la note sur la dégustation chocolat réalisée sur ce blog avec Lauranie, consultante en chocolat : la note / son blog) :
Le principe était de représenter des données quantitatives sur le chocolat, sa production et sa consommation, d'une manière assez graphique pour que le résultat soit éventuellement affiché.
Voici quelques détails :




J'espère que ça vous plaît !
Si vous voulez télécharger le fichier en une taille convenable, c'est ici.
08:59 Ecrit par Grégoire Hervé-Bazin dans "En off" : c'est perso, A propos, Représentations visuelles, design & inspirations | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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26 octobre 2009
Quel mode d'enquête ?
Nous l'avons vu, un institut propose à son client/prospect une méthodologie à partir de contrainte théoriques (échantillons probabilistes et empiriques : 1, 2, 3 / les panels, / la représentativité 1 et 2) et de contraintes pratiques :
Nous avons déjà présenté les différentes méthodes probabilistes et empiriques de sondage qu'il existe.
Notons cependant qu'il existe différents modes d'enquête qui peuvent s'appliquer pour chaque des méthodes de sondage :
- L'enquête par téléphone.
- L'enquête postale.
- L'enquête par Internet.
- L'enquête en face à face.
Voici les principaux avantages et inconvénients de ces méthodes :
| L'enquête par téléphone | L'enquête postale | L'enquête par Internet | L'enquête en face à face | |
| Durée d'administration | Ne doit pas excéder 30 min. | Privilégier des questionnaire de 5 à 6 pages | Ne doit pas excéder 10 à 15 min. | Peut durer plus d'une heure si rdv. Sinon ne doit pas excéder 10 à 15 min. |
| Souplesse d'administration | Difficulté pour montrer des images mais interactions possibles entre enquêteur / enquêté | Aucune interaction possible | Possibilité de montrer des images, quelques interactions via les filtres | Souplesse totale : possibilité de tester des objets, des packaging, etc. |
| Rapidité de la réalisation de l'enquête | Rapide (si les fichiers sont bons > un bon fichier contient 3 ou 4 fois le nombre d'interviews à faire) | Lent voire très lent | Rapide (si suffisament de contacts). Possibilité d'avoir un traitement automatisé des réponses | Variable (dépend de la cible) |
| Contrôle de l'échantillon | Maîtrise totale | Aucune maîtrise (qui répond ?) | Maîtrise totale mais difficile d'avoir un échantillon représentatif de la population française (personnes agées peu équipées par exemple) | Maîtrise totale |
| Couverture géographique | Grande voire illimitée | Grande voire illimitée | Illimitée | Limitée (coûts d'enquête) |
| Taux de non réponse | Le taux de non réponse varie souvent entre 20 et 40%. Problème des listes rouges | Taux de non réponse souvent très élevé | Le taux de non réponse varie mais semble relativement élevé (si vous avez des infos, je suis preneur) | Très variable |
| Coûts | Coûts dépendent de la distance des appels | Coûts postaux | Coûts peu élevés | Coûts plus élevés (frais de déplacement, etc.) |
| Avantages notables | - Possibilité de fixer des Rdv - Bonne implication des répondants - Grande possibilité de contrôle du terrain | - Grande liberté de réponse pour l'interviewé - Possibilité de faire une opération de communication en même temps que l'enquête | - Grande liberté de réponse pour l'interviewé - Gestion des quotas automatisée - Coûts | - Enquête in situ - Dialogue, possibilité de poser des questions plus "privées" - Opération de communication interne auprès du personnel qui voit le déroulement de l'enquête |
| Inconvénients notables | - Nécessite de bons fichiers - Durée du questionnaire réduite | - Nécessite un gros travail sur le questionnaire, qui doit être limpide - Délais alongés - Réponses parfois illisibles, questionnaires inexploitables - Taux de non réponse | - Seuls les internautes peuvent répondre - Taux de non réponse | - Biais d'enquête - Organisation complexe - Coûts |
09:00 Ecrit par Grégoire Hervé-Bazin dans Méthodologie quanti | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : études de marché, méthodes de sondage, méthodologies quantitatives, interroger un échantillon, sondages, échantillon, échantillonnage, étude de marché, étude, études |
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12 octobre 2009
Les figures de rhétoriques dans la communication 4
Voici la suite des notes "Les figures de rhétoriques dans la communication 1", "Les figures de rhétoriques dans la communication 2" et "Les figures de rhétoriques dans la communication 3" . Le principe est d'étudier quelques utilisations de figure de rhétorique dans la communication.
Voici la suite et la fin :
La personnification
La personnification est une métaphore par laquelle un objet est considéré comme animé, un animal comme une personne.
L’habitude venait me prendre dans ses bras et me portait jusque dans mon lit comme un petit enfant.
(Proust)
La personnification est une technique relativement fréquente en communication car elle permet de « faire parler » les objets qui, pour leur plaisir, choisiraient le produit vanté. L’objet ou l’animal qui subit cette personnification est d’autant plus crédible qu’il est directement lié au produit, voire qu’il est le produit. Il est difficile de remettre en cause son discours. Voici quelques exemples de publicités ou une personnification est utilisée :
C’est tout un monde qui est personnifié ici. Bien sur, cette publicité utilise également d’autres figures de rhétorique (la métaphore d’un petit prix et d’une belle chaise qui s’aime pour faire comprendre que des belles chaises à petits prix sont chez Ikea,…) mais la personnification est particulièrement poussée.

Publicité pour Badoit
La table devient vivante dans cette publicité et recommande la bouteille Badoit. Il semble alors difficile de contredire une table, experte en gastronomie si il en est.

Publicité pour le Transilien
C’est cette fois la voiture abandonnée qui « parle ». Même si la voiture n’explique pas directement les qualités du transilien, le texte qui lui est attribué fait référence aux embouteillages et le récepteur comprend également facilement les avantages qui poussent à abandonner une voiture pour le transilien (par exemple, le confort car on abandonne un voiture allemande, réputée pour son confort).
La personnification permet donc de surpasser tous jugements en apportant un point de vue totalement différent, difficile à critiquer car d’un objet ou d’un animal à priori lié à l’objet vanté. Notons que la personnification est souvent liée au paradoxe car il semble difficile de s’attendre à ce qu’un objet ou un animal vante un produit.
Le pléonasme
Le pléonasme est une redondance, une addition d'un terme dont le sens est déjà présent dans l'énoncé.
Je l'ai vu de mes yeux, je l'ai entendu de mes oreilles.
Le pléonasme n’est pas très courant en publicité. Citons ces deux exemples :
« Le cognac , c'est le cognac » (Le Cognac)
« Elle est bonne, et en plus elle est bonne » (Lesieur)
L’utilisation d’un pléonasme permet de jouer sur la renommée du produit. Il n’est pas la peine de développer un argumentaire complexe autour du produit, sa renommée suffit et un simple pléonasme suffit à rappeler sa qualité.
Avant de pouvoir utiliser un pléonasme, il convient donc d’avoir une certaine renommée. Il paraît tout de même relativement dangereux d’abandonner la mise en avant de l’argumentaire commercial au profit d’un pléonasme pour vanter un produit. Ces deux raisons expliquent certainement la rareté des tautologies dans la publicité.
La question oratoire ou rhétorique
La question rhétorique est un énoncé qui transmet des certitudes sous forme de questions posées à un auditoire que l'on suppose acquis à l'avance.
Un instant si merveilleux ne vaut-il pas ce qu'il y a de mieux ?
(publicité pour un réseau de distributeurs de fleurs)
Comme le montre l’exemple choisi pour illustrer la définition de la question rhétorique, l’utilisation de cette figure est courante dans la communication des entreprises. Elle permet de faire venir une réponse impliquant le produit vanté directement à l’esprit du consommateur. Voici quelques exemples :

Dans cette publicité plusieurs questions rhétoriques sont posées et, à l’évidence, les réponses qui viennent à l’esprit font écho à l’image présentée et laisse penser au récepteur que la mondialisation n’est pas une fin en soit et qu’elle doit être poursuivie avec prudence.
Le slogan de cette publicité : « A qui le tour ? » est une forme de question rhétorique dans le cadre de cette campagne car, après avoir vu la vie possible après avoir gagné au Loto, le récepteur aura tendance à répondre « à mon tour » à cette question. Le moyen d’avoir le style de vie présenté dans la campagne étant de jouer au Loto.
Le slogan « Pourquoi continuer à payer trop chère ? » utilisé par Télé 2 il y a quelques années amène également une réponse directement dans l’esprit du répondant (« il n’y a pas de raison, je devrai arrêter »).
La question rhétorique a cette particularité qu’elle « oblige » en quelque sorte le récepteur à penser d’une certaine façon. La réponse à la question posée est tellement évidente (surtout après avoir été soumis à la publicité) qu’il ne peut que admettre que la solution qu’on lui propose (jouer au loto, changer d’opérateur téléphonique,…) est une solution envisageable.
La prolepse
La prolepse est un procédé par lequel on réfute une critique avant même que celle-ci soir formulée.
La prolepse semble relativement rare dans la publicité. C’est une figure qu’il est intéressant d’utiliser lorsque que le produit/service ou la marque qui communique est facilement critiquable sur un point considéré comme faible par de nombreuses personnes !
Clairement, dans cette publicité, avant même que les consommateurs n’objectent que Schweppes est une boisson amer, la publicité s’en défend en montrant que les apparences sont trompeuses.
Cette figure de rhétorique peut être particulièrement utile lors d’un changement d’image ou lorsqu’une marque veut améliorer la façon dont elle est perçue sur un point critiquable.
Pour conclure...
L’utilisation des figures de rhétorique est courante en communication. Elles permettent, comme nous l’avons signalé dans l’introduction, de transgresser une norme et d’accéder à un monde de rêve ou l’impossible devient courant. Le récepteur éprouve, de plus, un certain plaisir à comprendre la figure rhétorique et son sens et retient mieux le message lorsqu’il est exprimé de manière figuré. Ces raisons font des figures de rhétorique un outil magistral pour les publicitaires, qui, nous l’avons montré, ne se privent pas d’y recourir avec plus ou moins d’adresse.
Si l’utilisation des figures de rhétorique est monnaie courante, savoir à quelle figure recourir à quel moment est cependant tout autre chose. Il semble que les figures de rhétorique ne soient pas toutes applicables dans n’importe quelles circonstances et qu’en revanche, certaines (personnification, prolepse,…) s’appliquent particulièrement bien dans des conditions spécifiques.
Des auteurs comme McQuarrie et Mick (1996) ont proposé une taxinomie des figures de rhétorique utilisée dans la publicité :

Cette classification, très intéressante, permet de regrouper les figures en fonction de leur nature, de leur caractéristiques (répétition, renversement, substitution et déstabilisation) et de leur complexité. Cependant, d’un point de vue managérial, un outil s’orientant plus vers les situations vécues et les problèmes sous-jacents serait idéal.
08:03 Ecrit par Grégoire Hervé-Bazin dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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